samedi 17 octobre 2009

Flemme

Pascal Quignard écrit encore : «Il arrive que la nuit ne se retire pas tout entière des jours que nous vivons. Nos corps ont alors en plein jour des réactions qui ne sont pas synchrones». Coïncidence frappante : c’est très exactement l’état où je me trouve en lisant ce passage. Coucher tardif cette nuit, d’un sommeil trop lourd, lever lui aussi tardif, d’un éveil difficile, indéfinissables souvenirs de rêves qui se tapissent dans l’ombre, mal aux reins inédit. Et avec cela, un temps imprévisible qui alterne joli soleil et brusque pluie, un samedi où les rues du Marais deviennent une invivable autoroute de poussettes. J’accompagne copine Peggy chez un opticien de la Croix de la Bretonnerie, nous allons ensuite à la galerie Wanted chez les Rois de Sicile, puis je retourne chez moi, même pas le courage de pousser jusqu’à Rougié & Plé pour acheter de la terre à modeler.

Une multitude de petites choses à faire, et pourtant peu d’énergie à y consacrer, du coup l’éparpillement des tâches devient un piège, il manque la volonté pour ordonner tout cela et éliminer méthodiquement les obligations qui, prise une à une, ne représentent pourtant pas grand-chose. Alors je m’abandonne à des petites activités futiles, et parfois vengeresses comme celle-ci :



On se souvient que j’avais choisi La barque silencieuse à la bibliothèque, et je dois le rendre dès mardi prochain car les nouveautés ne s’empruntent qu’une semaine. Je ressens cette contrainte de temps avec agacement, surtout que les ouvrages de cet auteur n’étant pas des récits, ils peuvent se lire à un rythme choisi. Et j’aime par-dessus tout choisir mon rythme. Ce n’est que le cas particulier d’une susceptibilité très générale au temps : il suffit que j’aie un rendez-vous pour être accablé à la seule idée de ne pas disposer d’une plage continue d’heures devant moi.

Pour soulager mon dos, je vais m’oindre de Baume du Tigre, antidouleur qui est à l’Orient ce que le Synthol est à l’Occident. Demain matin, je dois être en forme pour aller dès le réveil au Salon de la Photo de la porte de Versailles, rendez-vous où je n’ai jamais mis les pieds et dont je suis curieux. D’ici là, m’affaler sur mon canapé et rattraper des lectures toujours en retard me paraît un excellent programme minimum, à soigneuse distance des fièvres du samedi soir.

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